1 mars 2012

Crazy B, de l'amour des medleys à Birdy Nam Nam

Crazy B a commencé à mixer dans les années 1980 dans les MJC du 78 avant de devenir le scratcheur et producteur désormais connu avec Birdy Nam Nam.

A quelques pas du studio du groupe dans le 11e arrondissement de Paris, Crazy B revient sur près de 30 ans de carrière ! Amoureux de la black music, que ses frères lui font découvrir, le choc hip-hop intervient en 1983. Ses soirées passées à écouter Dee Nasty sur les radios libres le pousse à s'intéresser aux platines au moment où aucun disque de rap ne se vends en France. En s'inspirant des medleys, très répandus à l'époque, il confectionne aussi ses premiers mixs.

Sept fois champion de France DMC et quatre fois vice-champion du monde, Crazy B participe au Double H DJ Crew de Cut Killer avant de se lancer dans l'aventure Scratch Action Hiro qui mènera à la création des Birdy Nam Nam avec Pone, Need et Little Mike.


Quand débute Birdy Nam Nam ?

Birdy Nam Nam a pris la suite de Scratch Action Hiro en 2002, nous avions décidé de gagner une bonne fois pour toute le DMC et nous l'avons fait. Faster Jay nous a proposé de faire un album de scratch music plutôt que de faire du scratch chez nous toute la journée. Tout le monde est venu chez moi, on s'est enfermé et nous avons fait le premier album en six mois.
C'était assez complexe avec des bouts d'échantillons partout. Les gens ne se rendent pas compte du nombre de détournements effectués sur ce disque, c'est ce qui a fait son originalité, même s'il est d'une autre époque. C'était une révélation, j'ai commencé à visionner que nous faisions un truc particulier à quatre.

Comment à évolué la production depuis ?

Sur le premier album il y a avait déjà des musiciens qui venaient poser, mais nous manipulions les enregistrements comme des samples. Au début il y avait des beats programmés et pas seulement du scratch. Il y a peu de différence de production sur le deuxième album, sauf qu'un producteur [Yuksek] est venu retoucher les morceaux pour avoir un son particulier. Nous voulions muscler notre son pour faire quelque chose qui nous ressemble plus.
Au DMC en 2002, nous faisions déjà une reprise de Rollin' & Scratchin' de Daft Punk, c'était déjà dans notre culture avec toutes nos influences mélangées. Cela reflète totalement ce qu'on est maintenant. Nous avons évolué certainement, mais pas changé. Certains nous disent que nous faisons de l'électro, mais faire de la musique avec la platine, il n'y a pas plus hip-hop que ça.

Et quels ont été les changements techniques ?


Utiliser Serato c'est le bonheur. Faire un album avec que des vinyles est un travail titanesque, avec que des problèmes techniques. L'ingénieur du son nous a remercié aussi. Maintenant nous pouvons composer un morceau et le rejouer le lendemain alors qu'avant il fallait attendre que les vinyles soient pressés.
En concert, nous n'utilisons pas de midi, les sons sont déclenchés avec des pads, c'est le même truc de banger avec l'envie de jouer ensemble. Nous sommes toujours dans le même esprit. C'est toujours ce que l'on a fait, on fait pas moins, pas plus. Il y a seulement moins de freestyle et c'est plus structuré.

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Comment vois-tu l'évolution du DJing en France depuis toutes ces années ?

Ca a pris un coup de vieux. Il y a quelques DJ de bons niveaux en France, c'est une génération intéressante, parfois il y a des mecs super doués, mais ils ne sont pas assez créatifs. Tu ne les vois pas rester longtemps.
Avec les Birdy Nam Nam, nous avons été les premiers à visualiser le truc, à faire de la musique basée sur le scratch. Nous avons fait le chemin et fait accepter qu'un DJ n'est pas qu'un passeur de disque et puisse être dans de gros festivals.
Nous avons aujourd'hui la stature d'un groupe de rock dans notre façon d'être et de fonctionner. C'est cool de pouvoir avoir ce genre de projet qui n'a pas d'ambition radiophonique. On est comparé à Guetta mais c'est différent. Notre démarche n'est pas commerciale, c'est tout l'inverse. Pas de musique immédiate avec des gimmicks faciles. Notre album raconte une histoire, mais certains ne le comprennent pas.

Birdy Nam Nam est actuellement en tournée avec des dates en France et dans d'autres pays d'Europe. Et s'il n'est plus question de scratch, il est toujours question de platines.

Bonus :

- Vidéo de la routine de Crazy B lors de la finale du DMC monde 1998... encore 2e !


- Retrouvez dans la radio du blog quelques morceaux des Birdy Nam Nam et des productions plus anciennes de Crazy B (sur les compilations Hypercut - 2002 - et Le Diamant est éternel -1998 - avec Faster Jay). 

- Un portrait des Birdy Nam Nam écrit par moi-même au moment de la sortie du premier album (novembre 2005).

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