21 janv. 2014

DJ Made in France, le webdoc dans le prolongement du livre

Tsugi.fr a publié le 20 janvier 2014 le webdoc qui offre un prolongement interactif au livre...

C'est l'aboutissement de 2 ans de travail. Du lancement de ce blog qui coïncidait avec le début du boulot pour le livre DJ Made in France à aujourd'hui. Des premières interviews au partage d'un projet web qui a vu le jour en cours de route grâce à la motivation de Nicolas Becquet.
5 mois après la publication du livre, voici donc un aperçu en sons et en images du voyage proposé dans l'histoire des DJ français. L'idée est de présenter différentes personnalités par le biais de 3 angles :
  • Le DJ au coeur de la fête, avec Guy Cuevas qui raconte les grandes heures du 7 et du Palace, Loïk Dury qui revient sur la mythique soirée "Chez Roger Boîte Funk", Jérôme Pacman qui évoque le début des raves et Chloé qui fait revivre l'ambiance du légendaire Pulp.
  • Profession DJ, avec l'oeil d'Albert de Paname, de D'Julz et de Cut Killer sur le métier et son évolution.
  • Du scratch à la scratch music, pour faire connaître une discipline méconnue, mais dont la mutation vers une dimension plus musicale lui permet de s'ouvrir au grand public. Quoi de mieux pour cela de faire parler Crazy B des Birdy Nam Nam, les C2C et le Scratch Bandits Crew ?

Le tout est complété pour les curieux par de courtes biographies, des liens vers des articles, des vidéos... et une présentation du livre afin de boucler la boucle ! J'attends vos commentaires et réactions...
Je vais bien entendu continuer à alimenter ce blog car je me suis habitué à suivre cette actualité multiforme des DJ qui manque cruellement de relais !

Bonus :

Et j'en profite pour dire un immense merci à Nicolas Becquet sans qui ce projet n'aurait jamais pu être imaginé et réalisé. Un grand merci à Simon Souris qui a donné un gros coup de main !

19 janv. 2014

DJ QBert fait appel aux dons pour son nouveau projet

Les 2 nouveaux albums du plus technique des DJ sont déjà enregistrés, mixés et masterisés, reste à financer un packaging unique...

L'objectif est de rassembler 100 000 dollars d'ici au 15 février 2014. S'il est atteint, QBert pourra espérer décrocher le Grammy du meilleur packaging pour Extraterrestria et Galaxxxian, ses 2 nouveaux disques.
Le premier vise à offrir une suite à son 1er album, Wave Twisters, qui avait constitué une petite révolution dans le monde du DJing à sa sortie (voir mon article sur les albums fondateurs de la scratch music). Toujours branché par les voyages cosmiques et les vies extraterrestres, le DJ présente cet album comme une compilation de sons collectés par la Galactic Skratch Federation regroupant différents types de musiques venus d'autres planètes et dimensions de la galaxie.
Galaxxxian est à l'inverse une collection de titres venus de la Terre à destination de l'espace sur lesquels apparaissent de nombreux MC tels que Kool Keith, Del The Funky Homosapien, El-P, Mr. Lif, Madchild, etc.

Les 2 disques sont enregistrés, mixés et masterisés. QBert fait donc appel aux généreux donateurs, avec le site de crowdfunding Kikerstarter, pour les diffuser au mieux. C'est à dire avec le meilleur pressage et un packaging très innovant. L'argent récolté permettra aussi de couvrir les coûts de production.
Concernant le packaging du CD et du vinyle, l'idée est de proposer la première pochette interactive, puisque celle-ci pourrait devenir un controller permettant, avec l'application DJay, de manipuler les morceaux des albums. Démo ci-dessous :



Mais le DJ ne s'arrête pas là ! Il lance une grande chasse aux vinyles qui doit permettre de reconstituer un puzzle dont les pièces seront dispersées à travers le monde. Ceux qui arriveront à le reconstituer à l'aide de l'application liée à l'album pourront prétendre à différents lots dont une master class dispensée par DJ QBert lui-même.

Pour participer et découvrir tous les détails du projet, cliquez ici.

(MAJ 15/02/14 : le projet a été soutenu par près de 1 000 personnes qui ont contribué à hauteur de plus de 128 000 $. C'est donc un succès.)

Bonus :

- Un extrait d'Extraterrestria :



- Un extrait de Galaxxxian :

6 déc. 2013

Finale IDA 2013, DJ Groove Sparkz et DJ Skillz représenteront la France

Le 7 décembre 2013 se déroulera à Cracovie en Pologne la finale du championnat IDA...

L'IDA, né en 2007 sur les cendres de l'ITF, tente chaque année de se faire une place à côté de son encombrant concurrent historique, le DMC. Parfois considéré comme plus technique, il propose aux DJ de s'affronter dans 2 catégories : battle et show. Cette année toutefois, une compétition de freestyle scratch, sur des beats imposés, a été organisée sur le web en parallèle aux sélections nationales.
L'édition française s'est déroulée le 10 novembre dernier à Lyon et a permis de désigner DJ Groove Sparkz, local de l'étape et 5e du DMC online 2013, en show et DJ Skillz, champion de France DMC 2012, en battle pour représenter la France à Cracovie.


En revanche, DJ Vega, qui avait passé avec sa vidéo le sélection française pour prétendre au titre en scratch, n'a pas réussi à accéder au 3e round de l'épreuve. Le Toulousain qui s'est mis aux platines il y a environ 6 ans a gagné la Beat4Battle cup en 2010, démontrant son intérêt pour le freestyle scratch.
Il salue d'ailleurs le fait que l'IDA propose cette catégorie car il y a, selon lui, de très bons DJ dans ce domaine... notamment le Polonais DJ Ben finaliste cette année (face à l'Américain IQ).

Le vainqueur de l'épreuve, qui pourrait devenir une catégorie à part entière l'an prochain, sera annoncé lors des finales du 7 décembre à Cracovie.
Pour Vega, la défaite lors de la sélection n'est pas une fatalité : "Perdre me motive pour rallumer les platines et apporter de la fraîcheur, je pense donc préparer le DMC et l'IDA en battle l'an prochain."

(Mise à jour 8/12/13 : résultats : Groove Sparkz a fait 2e en show derrière les Polonais Steve Nash et DJ Funktion ; DJ Skillz a fait 3e en battle derrière Vekked et Five ; IQ a battu Ben en scratch)

Bonus :

- La vidéo de de la routine de DJ Vega :

28 nov. 2013

Christine, six titres qui envoient du gros son

Entre finesse et puissance, le duo a choisi la seconde sur Death On Wheels...

En matière de scratch music, certains optent pour la mise en avant de la technique, d'autres pour une musicalité exacerbée, Christine a pris la 3e option pour son second maxi sorti le 21 octobre sur Moonkeys Music : le gros son qui secoue.
Pour concevoir leurs six titres, les deux Français Aeon Seven et Kunst Throw mélangent héritage hip-hop et énergie rock pour mener à un résultat surtout électronique.


Death On Wheels offre toutefois une certaine diversité d'ambiances. Ainsi le titre d'ouverture décape résolument les tympans avec des turbines vrombissantes mêlées à des violons grandiloquents alors que Too Much Not Enough, avec les punks australiens de The Death Set, donne une impression de remix survolté des Beastie Boys.
Sur Burial ou l'excellent No Way final, c'est une énergie rock rappelant les français de Nasser qui prédomine, avant un ton un peu plus pop sur le remix de Dying Kings par We Are Match et son chant à la Phoenix.

La platine vient se glisser subtilement au milieu de tout ça avec quelques scratchs énergiquement dispensés pour rappeler le background turntablist du groupe.
Un nom à noter pour ceux qui aiment secouer la tête en écoutant du son.

Bonus :

- 2 titres sont en écoute dans le lecteur du blog.

- Le clip du titre No Way extrait de Death On Wheels :

3 nov. 2013

Groove Music : aux origines du turntablism et de la scratch music

Le livre de Mark Katz dresse l'histoire des DJ hip-hop et de leurs expérimentations aux platines...

Alors que j'écrivais mon livre sur les DJ français et que je cherchais à retracer le palmarès des compétions de scratch, Le Jad (voir Le Jad, producteur de disques à scratcher) m'a conseillé Groove Music : The art and culture of the hip-hop DJ (2012, Oxford University Press), un des seuls livres à aborder ce sujet.
Si le début de l'ouvrage revient sur un domaine plus largement documenté, les origines du hip-hop, la suite est plus inédite. Il évoque notamment les battles et les premiers albums de DJ. Outre quelques compilations - Return of the DJ, Deep Concentration et Altered Beats - Assassin Knowledges Of The Remanipulated - il revient sur 5 disques de 4 artistes qui ont marqué les bacs de leur empreinte :

DJ Shadow - Endtroducing... (Mo Wax - 1996)
Pas forcément connu comme un album de DJ, Endtroducing... serait pourtant le premier long format enregistré uniquement avec des platines et un sampler. S'il ne peut être considéré comme un disque de scratch music car il repose principalement sur des boucles, il contient tout de même un certain nombre de passages scratchés. Cet album dépasse bien entendu en terme de style largement les frontières du hip-hop, mais DJ Shadow observe dans le livre de Mark Katz que c'est purement un disque élaboré dans un esprit hip-hop, tant dans l'utilisation des platines que dans sa conception "do it yourself".


DJ QBert - Wave Twisters - Episode 7 Million : Sonic Wars Within The Protons (Galactic Butt Hair Records - 1998)
Plus clairement identifié comme un DJ de compétition et un scratcheur d'exception, QBert fait aussi partie des précurseurs en matière de scratch music avec cet album à la frontière entre la composition classique et le show de DJ. Mark Katz considère Wave Twisters comme l'équivalent turntablist d'un opéra rock. Le disque met en son l'amour du DJ pour les Ovni, en contant l'histoire d'un dentiste capitaine de vaisseau spatial qui affronte divers adversaires à coup de nombreux lasers et à l'aide de sa montre-platine vinyle. Un dessin animé visant à accompagner en image cet album a vu le jour en 2001.



Kid Koala - Carpal Tunnel Syndrome - Some Of My Best Friends Are DJs (Ninja Tune - 2000 - 2003)
Avec ces 2 albums, le Canadien a forgé son style en créant ses morceaux à partir de boucles jazzy et dynamiques. Son univers cartoonesque (il fait d'ailleurs de la BD) et ludique trouve toute sa place sur les platines qu'il manipule avec une impressionnante facilité pour créer des titres peut-être plus conventionnels que les deux précédents. Kid Koala utilise d'ailleurs peu le scratch, préférant manipuler les platines pour créer et jouer ses mélodies, ce qui lui a permis de toucher un public plus large que celui des seuls turntablists.


D-Styles - Phantazmagorea (Beat Junkie Sound - 2002)
Ex-membre des Invisibl Skratch Piklz (avec QBert) et des Beat Junkies (dont certains sont invités sur l'album), D-Styles a lui aussi fait preuve d'originalité au moment de créer son propre univers sur disque. Lui va piocher dans les films d'horreur, avec une petite dose de porno et de comédie. Pour composer, le DJ utilise son matériel de mix habituel auquel il ajoute une machine à écho, à la manière de quelques DJ précurseurs comme Kool Herc. Le résultat est un album assez expérimental, jouant beaucoup sur les ambiances, mais à nouveau pas particulièrement réservé à un public de spécialistes.



Ce regard très anglo-saxon ne doit pas nous faire oublier que les Français, notamment les Birdy Nam Nam (évoqués dans le livre) avec leur premier album en 2005, ne sont pas en reste dans le domaine... Plusieurs compilations de morceaux composés par des DJ sont même sorties en France dès la fin des années1990 grâce à Dee Nasty ou Cut Killer !


Bonus :

- Retrouvez des extraits des albums évoqués disséminés dans le lecteur du blog.

- Innerspace Dental Commander, un extrait du dessin animé illustrant l'album Wave Twisters de DJ QBert :

20 oct. 2013

DJ Mag vs Forbe's : les DJ les plus riches sont-ils les plus populaires ?

Le magazine anglais DJ Mag a rendu public son Top 100 des DJ pour 2013, le n°1, Hardwell, n'était pas dans le dernier classement Forbe's des DJ les plus riches... ça valait bien une infographie ?

Pour s'amuser avec les classements des DJ, le plus drôle que j'ai trouvé est de croiser leurs résultats. Un rapprochement des chiffres qui démontre que les plus gros gains ne vont pas forcément aux DJ les plus aimés.
Ainsi Hardwell, le Hollandais couronné n°1 du Top 100 DJ Mag (établi par des votes en ligne) révélé le 19 octobre 2013, n'apparaissait pas dans le classement des 12 DJ les mieux payés selon Forbe's. A l'inverse, DJ Pauly D, qui doit il est vrai sa célébrité à sa participation à une émission de télé-réalité, s'en est mis plein les poches, mais est absent du Top 100.

A noter que 5 DJ français figurent dans ce top : David Guetta (5e), Madeon (59e), Quentin Mosimann (69e), Martin Solveig (77e) et Bob Sinclar (88e). Y figure aussi toujours Daft Punk (22e) !
Les mêmes que l'an passé...

Pour le reste, c'est en infographie :


9 oct. 2013

DJ Fly, 2e titre de champion DMC et un premier EP percutant

2 jours après avoir conquis un nouveau titre de champion du monde DMC, le DJ sort un EP 8 titres baptisé Insolite...

2013, un bon cru pour le Lyonnais. Avec une routine en béton mêlant technique et musicalité, il a convaincu les juges de lui donner la première place de la finale du championnat du monde DMC, catégorie "6 minutes", le 5 octobre 2013. La compétition fut pourtant rude avec les Anglais Ritchie Ruftone, par ailleurs vainqueur en battle, et Jon1st, récent vainqueur du DMC online.
Fly gagne ainsi sa seconde couronne mondiale après celle de 2008. A l'image de son super héros fétiche, Batman, c'est en avançant masqué qu'il a surpris ses concurrents. Alors que la plupart des DJ en lice avait participé à sa version en ligne, dévoilant ainsi une partie de leur jeu, l'engagement du Français n'a été que connu que la veille de l'édition française du DMC, qualificative pour la finale londonienne, le 25 septembre dernier.


Tourné vers le live depuis quelques années, il semblait plus concentré cette année sur la préparation de son premier EP, sorti le 7 octobre 2013, que sur les championnats. La diffusion de l'excellent Les Pentes en début d'année avait bien détourné l'attention. La stratégie a payé. La victoire au DMC en poche, il peut désormais défendre Insolite qui démontre une belle palette de ses possibilités.
"Cet EP retranscrit toutes mes influences musicales : hip-hop, électro, dubstep, etc. Il y a du scratch plus ou moins mis en avant dans tous les morceaux", m'expliquait-il en décembre 2012 lors d'une interview pour mon livre DJ Made in France. Si les championnats lui ont appris à connaître les ressorts pour provoquer des réactions du public, il sait aussi la jouer plus tranquille, sous l'influence des Birdy Nam Nam des débuts.


Seul pour de puissants morceaux électro (Rocking With The Best) ou plus hip-hop instrumental festif (Keep On), accompagné de rappeurs (Anton Serra sur l'efficace Insolite et Les Gourmets sur La Tête la première) ou de ses anciens acolytes du Scratch Bandits Crew pour une performance de scratch music envoûtante (Cinematix), DJ Fly montre différents visages tous aussi convaincants.
Comme en compétition, le Lyonnais démontre sa faculté à mettre sa technique au service de la musicalité, dans une version toutefois bien plus accessible au grand public, les routines de championnat restant un exercice réservé aux initiés. L'exemple le plus probant est bien entendu avec Les Pentes, quand le scratch vient forger totalement la mélodie.

Une victoire sur un nouveau terrain.

Bonus :

- Plusieurs titres d'Insolite sont en écoute dans le lecteur du blog.

- Le teaser d'Insolite :

2 oct. 2013

DJ Jos, premier album d'un activiste des platines

Après avoir monté son label et sorti 15 mixtapes, il sort At The Same Time...

Le chemin semble désormais logique pour un DJ : à force de jouer la musique des autres, cela donne envie de faire la sienne. DJ Jos a attendu pas mal d'année avant de se lancer puisqu'il a créé son label, Prolifik records, en 1996. En 2003, il lance une école labellisée "Q-Bert Scratch University" à Amiens dans laquelle il enseigne le DJing bien sûr, mais aussi la musique assistée par ordinateur. Auteur de mixtapes, organisateur d'événements et de conférences sur l'histoire des DJ, Jos est à l'antenne de Radio Campus Avignon et Mulhouse chaque semaine. Il a trouvé le temps au milieu de toutes ces activités de produire un disque !

Après une carrière déjà bien remplie, pourquoi passer à la production d'un album ?

Cela remonte à 2007, alors que je faisais beaucoup de jams avec des potes musiciens. Le but était que chacun apporte son instrument et on freestylait toute la nuit. J’ai eu toujours cette idée de sortir un album avec plein d’influences musicales, avec une structure et une façon de faire hip-hop, le tout accompagné de musiciens.

Quelles sont les influences musicales d'At The Same Time, qui semblent assez larges ?

Gamin j'étais un fou de skate, je regardais énormément de vidéo de skate 90’s dont je copiais tout l’audio pour aller skater avec mon walkman et me donner l'énergie durant mes sessions. La musique que j'écoutais allait du skate rock bien bourrin au funk en passant par le jazz, le punk, le hip-hop... et inconsciemment cela a fait ma culture musicale. Et tout cela se ressent dans l’album, j’ai même utilisé des samples issus de vidéos de skate.


Comment la platine et le scratch intègrent-ils les compositions ?

La platine est mon instrument de musique. Il y a par exemple des nappes et des notes que je préfère envoyer via mes platines, car je ressens plus le moment auquel il faut les envoyer de cette manière qu'avec un clavier en appuyant sur une touche.
Je compose comme je fais mes DJ sets, avec beaucoup d’ingrédients dans tous les sens, sans barrière musicale.

Quelle influence a selon toi l'évolution des technologies numériques dans l'utilisation du scratch pour composer ?

Aujourd’hui, tout est possible. Je pense que la technologie va plus vite, niveau performance, que l’homme. Avant les limites technologiques pouvais tellement t’aider à te dépasser, à ruser et, du coup, à être différent.Et surtout à maîtriser les machines, et pas l’inverse...

Bonus :

- Retrouvez des extraits d'At The Same Time dans le lecteur du blog.

26 sept. 2013

DMC 2013, DJ Fly vers un nouveau titre de champion du monde ?

Le Lyonnais a remporté l'édition française du DMC avec une impressionnante maîtrise...

C'est l'année des retours. Tout d'abord celui du champion du monde 2008, DJ Fly, en 6 minutes, avec un show différent de ses lives. Mais aussi celui de Traumateam, 3 fois vice-champion du monde par équipe (2008, 2009, 2010 à chaque fois derrière les Japonais de Kireek).
Ce sont d'ailleurs DJ Hertz, Mr Viktor et Deska (sans R-Ash dans le jury), seuls concurrents par équipe, qui ouvrent la soirée au Rex club le 25 septembre 2013 pour désigner les représentants français au DMC. Les Traumateam proposent une routine très axée sur la musicalité, assez accrocheuse tout en étant pas très impressionnante techniquement.
Pas sûr que ce soit suffisant pour battre Mixfits, les Belges tenants du titre dont le retour est annoncé cette année.

Au tour de la battle de débuter. En demi-finale, Groove Sparkz, récent 5e du DMC online, se défait difficilement de DJ Madgic, les deux hommes présentant des routines parfois brouillonnes. DJ Topic accède lui facilement à la finale car son adversaire, JackHicham, n'arrive pas à connecter son ordinateur à ses platines. Le Strasbourgeois effectue tout de même ses passages et se place déjà au-dessus tant en terme technique, musical que d'attitude.
Il domine d'ailleurs assez facilement Groove Sparkz qui élève pourtant son niveau, notamment avec une belle série de scratchs. Mais Topic est vraiment à l'aise et très propre dans ses passe-passe. Il se fait plaisir en sortant des grosses guitares, extrait de son 6 minutes pour le DMC online (vidéo ci-dessous à 2'), dans la 2nde manche.
Sa bonne humeur et sa maîtrise pourrait lui permettre d'accéder au podium mondial.


A une heure passée, il est temps de passer au 6 minutes. La présence de DJ Fly a déjà refroidi le tenant du titre, DJ Skillz, resté mystérieusement chez lui alors qu'il était annoncé. La finale oppose donc deux Lyonnais qui se connaissent bien.
DJ Groove Sparkz commence avec la routine déjà effectuée pour le DMC online (vidéo ci-dessous). Il paraît beaucoup plus à l'aise qu'en battle et son show, très bien rodé, bourré de scratch et de passe-passe, tient très bien sur la longueur.


Le duel est malheureusement déséquilibré. Le champion du monde 2008, revenu selon ses mots pour "apporter de la musicalité et de la fraîcheur", sort le grand jeu - débutant sur la musique de Batman comme en 2008 - et relève nettement le niveau de la soirée. Il va très très vite, tout en restant très audible, envoie des passes-passe d'une grande maîtrise avec une routine qui alterne technique et musicalité.
Il peut sans aucun doute l'emporter au niveau mondial... Japonais, Américains et Canadiens ont intérêt à se préparer.

Rendez-vous dans 10 jours à Londres :


Bonus :

- La routine de DJ Fly de 2008, élue à l'été 2012 par un vote en ligne meilleure de l'histoire des DMC :

14 sept. 2013

Jon1st remporte le DMC Online 2013

Un cru 2013 dominé par les Anglais...

Pour sa 3e édition, la compétition en ligne de DJing du DMC a été gagnée par l'Anglais Jon1st. Il devance le Canadien DJ Vekked, champion DMC 2012 en battle, et un autre Anglais, Ritchie Ruftone.
Les Français, pourtant en force dans cette ultime étape du DMC Online 2013, n'ont pris que la 5e place avec DJ Groove Sparkz et la 10e pour DJ Ragz. Pour mémoire, Fong Fong avait gagné l'an passé !

La routine de Jon1st :



Rendez-vous le 25 septembre 2013 au Rex Club pour la finale du DMC France qui précédera de peu l'édition mondiale le 5 octobre à Londres.

29 août 2013

DJ Mag débarque en France et en Suisse en octobre

Le magazine anglais créé en 1991 arrive en version française...

Magazine de référence en matière de DJ et de club culture, DJ Mag s'est développé depuis sa création grâce à des licences de marques. Stratégie qui lui permet d'être présent dans une quinzaine de pays.
Le mensuel anglais est aussi connu pour son Top 100 des DJ publié chaque année depuis 1995 et dont les résultats pour 2013 devraient être connus sous peu.

Depuis décembre 2012 et la disparition d'Only For DJ's, le créneau de la dance music était laissé libre en kiosque en France puisque Trax ou Tsugi sont portés sur un traitement des musiques électroniques plus pointu.
C'est assez logiquement que Ludovic Rambaud, ancien rédacteur en chef d'Only For DJ's, va prendre la tête de cette version française de DJ Mag qui aura son propre site Internet et son application mobile. Premier numéro mi-octobre !

 Couv' du DJ Mag anglais de l'été 2013

Bonus :

- Interview de Ludovic Rambaud à propos du dossier d'Only For DJ's sur 20 ans de club culture.

18 août 2013

Burn #Residency, la télé-réalité des DJ

La boisson énergisante convie 18 DJ du monde entier pour gagner une résidence à Ibiza...

Avec l'importance que prennent les DJ dans le paysage médiatique, ça devait bien arriver : une télé-réalité autour de cette profession voit le jour après les multiples concours plus ou moins utiles déjà créés. Et ce n'est pas étonnant que ce soit une marque liée à la nuit qui se lance.
Depuis le mois de juillet 2013 et pour quelques jours encore, 18 DJ hommes et femmes dont un Français, Tommy Kid, s'affrontent à Ibiza pour désigner les 3 d'entre eux qui gagneront une résidence à Ibiza. Pour les départager, ils participent à des challenges consistant à se produire en club ou à réaliser un remix.



Plusieurs personnalités du monde de la musique électronique sont associées à ce programme en 8 épisodes de 5 minutes dont Maceo Plex, Pete Tong, Avicii ou Fatboy Slim qui viennent donner leurs conseils aux candidats sous le titre de "mentor".
Outre l'ambiance de l'île, Burn #Residency permet de découvrir les différentes exigences qui s'imposent aux DJ modernes, la première étant de savoir se vendre ! La seconde étant produire...
Divertissant, sans plus.

Bonus :

- La chaîne Youtube pour suivre les épisodes.

14 août 2013

Calvin Harris, DJ le mieux payé du monde en 2013 selon Forbe's

Absent du classement en 2012, l'Ecossais de 29 ans a gagné 46 millions de dollars en un an... plus que Jay-Z !

DJ Tiesto a eu beau passer de 22 millions de dollars à 32 millions (1er en 2012, 2e en 2013), David Guetta de 13,5 millions à 30 millions (4e en 2012, 3e en 2013), ils restent bien loin de Calvin Harris qui écrase ce classement 2013 du magazine Forbe's, le second du genre.
Sa technique ? 150 apparitions en un an dont un certain nombre à Las Vegas où il a signé un contrat de 2 ans avec le club Hakkasan et de nombreuses productions notamment pour Rihanna.

Un montant très impressionnant qui démontre la démesure atteinte par les cachets et d'une manière générale les revenus des DJ... qui n'ont donc pas cessé d'exploser en 2013. Car outre Tiesto et Guetta, Sweedish House Mafia, malgré un split en mars, est passé de 14 millions de dollars gagnés l'an passé à 25 millions cette année (4e), Deadmau5 de 11,5 à 21 millions (5e) et Avicii de 7 à 20 millions (6e).
Hormis la première place, le reste de la liste présente peu de surprises avec les mêmes têtes que l'an passé (Skrillex, Afrojack, Steve Aoki, etc.). L'extension de 10 à 12 noms en 2013 permet toutefois à Diplo et ses maigres 13 millions de dollars de s'inscrire au palmarès.

Bonus :

- Lire l'article de Forbe's sur Calvin Harris.

- Revoir le classement 2012 dominé par DJ Tiesto.

1 août 2013

Between The Beats, la série de Resident Advisor sur le quotidien des DJ

Après la polémique du premier épisode sur Nina Kraviz, la série suit son cours avec Motor City Drum Ensemble...

Révéler les hauts et les bas de la vie d'un DJ en tournée, tel est le but de la série Between The Beats lancée par Resident Advisor en mars 2013. La vidéo d'une grosse dizaine de minutes consacrée à Nina Kraviz avait créé le buzz... car elle jouait un peu trop sur les charmes de la Russe. Si la scène d'ouverture en bikini sur la plage n'avait rien de surprenant, celle dans la baignoire remplie de mousse d'un hôtel pouvait sembler moins nécessaire.
Clin d'oeil à la polémique, le deuxième épisode, de 15 minutes, débutait par un Motor City Drum Ensemble en maillot de bain à la piscine ! Il manquait la mousse.

Au-delà de la question de savoir si le milieu du DJing est macho - le magazine Grazia se pose notamment la question ce mois-ci -, le projet permet de découvrir le quotidien du métier de DJ de l'intérieur entre aéroport, hôtel, gare, taxi et mix.
Si les confidences de Nina Kraviz donnent une bonne image de ses pérégrinations d'une scène à l'autre, l'importance donnée à l'esthétique dans la réalisation fait surtout passer cet épisode pour un bonus promotionnel de DVD.
Dans le Between The Beats du DJ allemand, le spectateur découvre celui-ci dans l'intimité de son appartement avec sa copine ou de passage dans un disquaire parisien. Plus intéressant, Motor City Drum Ensemble explique les raisons pour lesquelles il a réduit son nombre de sets mensuels.


Une bonne initiative qui demande toutefois de voir comment seront menés les prochains épisodes pour se faire une impression définitive.

Bonus :

- La chaîne Youtube avec les épisodes de Between The Beats.

- Mon article sur la série consacrée à DJ Jazzy Jeff en tournée.

18 juil. 2013

TopDeejays.com, le site qui calcule la popularité des DJ avec un algorithme

Cette base données participative propose des classements de DJ par genre, pays ou réseau social.

Il y a quelques mois, je m'étais lancé dans un exercice d'analyse de la popularité des DJ français et internationaux au travers d'un recensement de leurs fans sur Facebook et de leurs suiveurs sur Twitter. Je ne connaissais alors pas encore TopDeejays.com qui effectue ce type de comparaison à un tout autre niveau !
Pour évaluer la popularité d'un DJ, ce site utilise un algorithme qui vise à mesurer leur influence dans les médias sociaux que sont Facebook, Twitter, YouTube, Myspace, Soundcloud et Last FM. Chaque suiveur, likeur ou ami est pondéré selon le réseau afin d'aboutir à un nombre de points TDJ qui permet d'établir le classement.

Au niveau mondial, David Guetta domine Skrillex et DJ Tiestö. Calvin Harris occupe une surprenante 4e place devant les plus habitués des sommets de ces classements que sont Deadmau5, Armin Van Buuren ou Steve Aoki.
A noter aussi dans le top 10 quelques artistes qui ne sont pas connus pour leur habileté aux platines : Daft Punk (6e) et Moby (10e).



Le site propose d'autres classements à l'intérêt moins évident comme celui par genre (la progressive house figure devant l'électro house et la house) ou par pays (les Etats-Unis devancent l'Angleterre et la France).
Il est ainsi possible de voir le top des DJ par genre ou par pays. Pour la France, Guetta est bien évidemment premier... Daft Punk et Justice suivent. Mr. Oizo (7e) et Vitalic (10e) offrent un peu de fraîcheur à cette liste somme toute assez classique.

Bonus :

- Les autres sites qui classent les DJ : DJ Mag (lire mon article sur leur dernier Top 100), Resident Advisor et The DJ List.

23 juin 2013

DJ Made In France, le premier livre sur les DJ français sortira en septembre 2013

Faire un blog, c'est sympa. Ecrire un livre aussi.
Vous connaissez mon blog, pour mon livre il faudra attendre encore un peu...




Bonus :

- Présentation de DJ made in France sur le site du Camion blanc.

- Mon premier livre sur les DJ est toujours disponible au Camion blanc...

14 juin 2013

Jazzy Jeff partage un an de la vie d'un DJ en tournée dans sa série Vinyl Destination

L'ancien DJ de Will Smith fait revivre sa tournée 2012 dans une série de vidéos qui offre un aperçu de la vie d'une star des platines...

Vous voulez savoir à quoi ressemble le quotidien d'un DJ qui passe son temps à jouer à travers le monde ? Jazzy Jeff a choisi de le montrer au travers de Vinyl destination, une série de vidéos de 15 minutes qui retrace son parcours de l'an passé.
Aéroport, restaurant, shopping, hôtel, rencontre avec les fans et de nombreuses soirées et concerts, le projet tourné par Christopher Schafer tient autant de la télé-réalité que du documentaire. Outre une carte postale des cinq continents visités par le DJ, la série est agrémentée de ses rencontres avec d'autres artistes comme Dr Dre, Snoop Dog, Apl.de.Ap de Black Eyed Peas, Tony Touch ou avec le prince de Barheïn et Lewis Hamilton dans l'épisode 7 !

La personnalité toujours enjouée de celui que le grand public connaît comme Jazz dans Le Prince de Bel-Air et de son acolyte Skillz participe de la bonne humeur qui règne dans les différents épisodes. Quelques commentaires face caméra ou en voix off permettent de partager sa vision de ce qu'il vit, le tout ponctué d'une bonne ration de musique.
Un an de voyages qui donne une idée de la vie d'une star du DJing qui passe plus de temps dans les aéroports qu'à mixer... bien qu'il remplisse les clubs du Qatar à Singapour en passant par Paris (où leur voiture se fait arrêter par les flics) ou Cape Town.

Tous les épisodes de Vinyl Destination, qui devrait s'achever très prochainement, sont visibles ici.

Bonus :

- Le trailer de la série :


VINYL DESTINATION from DJ Jazzy Jeff on Vimeo.

27 mai 2013

Jimmy Jay invite DJ vétérans et de la nouvelle génération sur ses Cool Sessions 3

L'ancien producteur de MC Solaar et champion de France DMC 1989 revient en 2013 avec le troisième volet de ses compilations de jeunes rappeurs.

La série des Cool Sessions débute en 1993 avec de nombreux groupes émergents de l'époque : Ménélik, Les Sages Poètes de la Rue, Sleo, Democrate D., Sens Unik et celui par lequel Jimmy Jay va connaître un large succès, MC Solaar, dont il produira les deux premiers albums. Le 2e volume de la compilation sort en 1996 avec des invités comme Lady Laistee, Bambi Cruz, Lamifa ou Movez'Lang.
Jimmy Jay sort du circuit après cette date et ne revient qu'en 2013 avec les Cool Sessions 3, disponibles depuis le 25 mai. Le concept est toujours le même : des rappeurs inconnus, dont Melodieuz, Gradubid, Kassiopaix, Panel Large, Cheguevanef, Austin, etc. viennent poser sur les productions du DJ.

Pour réaliser les interludes de ce nouveau disque, Jimmy Jay a fait appel à ses amis des débuts et à la nouvelle génération de DJ scratcheurs. Ces courts extraits viennent dynamiser l'ambiance plutôt downtempo des titres avec des MC et apporter un vent de nouveauté avec des sons plus modernes.
La compilation gagne ainsi en équilibre et en couleurs musicales avec ces passages instrumentaux.


Jimmy Jay a fait l'essentiel de ces interludes, se permettant des sonorités plus actuelles que sur les autres morceaux. C'est le cas pour l'électro assez mentale réservée à Crazy B ou pour l'extrait plus efficace destiné à Cut Killer. Les deux strasbourgeois, DJ Nelson et DJ Q, apparaissent aussi dans cette veine.
Quelques invités ont fait eux-mêmes leur production, notamment R-Ash accompagné de Silent - avec qui il forme le groupe Vand Vand - et Mr Viktor en duo avec Deska dans une voie assez électro.

Du côté des extraits plus classiques, le Rennais DJ Freshhh scratche sur un Pump Up The Volume à l'ambiance G-funk groovy signée Jimmy Jay, comme le passage sur lequel intervient avec dextérité Daddy K. Le DJ belge, connu pour avoir épaulé Benny B, est le seul étranger, DJ Premier n'ayant finalement pas pu participer au projet. Duke et Logilo font aussi dans les beats classiques, composés par leurs soins, avec efficacité et réussite.
Une seule interlude sort de ce schéma, celle de Boombass - moitié de Cassius qui était aux côtés de Jimmy Jay aux débuts de Solaar - qui produit le morceau alors que l'ancien champion de France DMC réalise les scratchs.

Si les titres avec les rappeurs ne sont pas tous du même niveau, réservant de bonnes surprises (Melodieuz ou Gradubid) et quelques passages très old school, les pistes avec les DJ sont toutes homogènes et de bon niveau.

Bonus :

- Retrouvez dans le lecteur du blog un enchaînement des interludes de Mr Viktor feat. Deska, Crazy B, Daddy K et DJ Duke.

- Le making of des Cool Sessions 3 :

21 mai 2013

Le Jad, producteur de disques à scratcher


Le Jad propose régulièrement en téléchargement des fichiers de banques de sons à scratcher et de boucles, le dernier en date : Robotor Break.

Étonnante activité que la sienne : producteur de DJ. Dans le sens classique du terme producteur, c'est-à-dire qu'il les accompagne dans leur processus de création, les manage, les soutient. Mais aussi dans le sens moderne du terme : compositeur. Le Jad a d'ailleurs lui-même été DJ par le passé, pratiquant plus le mix que le scratch, notamment sous l'influence de DJ de musique électronique considérés comme de bons techniciens.

Tu as une importante production d'outils pour DJ, peux-tu nous parler de ce que tu proposes et de leur utilité pour un DJ ?

J'ai encore quelques outils disponibles en vinyle, mais tout passe en ce moment au digital. Je propose des disques au contenu assez varié, des instrumentaux, des banques de samples pour le scratch, des boucles... une énorme matière première pour les DJ qui veulent s'entraîner ou composer leurs routines.

Peux-tu présenter Robotor Break qui vient de sortir, et nous dire en quoi est-il différent des skip proof que tu sors régulièrement ?

Robotor est dans la lignée des précédents disques, mais il a une production au style plus actuel. Les drum kits, basselines, rythmiques sont proches de ce qui se fait en drum'n bass, dubstep, trap...
Et Robotor est complet avec des banques de synthés, des instruments, du scratch, des beats épurés, et surtout 50 skip proofs, entre beats bouclés, grosses basslines, synthés, scratch... tout pour créer une routine avec une matière presque totalement inédite.


Comment se renouveler dans ce type d'exercice ?


Il faut s'attaquer à différents styles de production, parfois puiser dans le passé, et ne jamais faire un disque parce qu'il faut en faire un. Il m'arrive de ne pas produire pendant un mois, et ensuite de faire un disque en 2 ou 3 jours.
C'est comme ça qu'on se renouvelle, en regardant des vidéos de turntablism, en écoutant différentes musiques, en ayant une envie qui monte puis la rapidité de production, l'aisance acquise avec les années qui permet de mettre à plat ce qu'on a envie ! Se renouveler, c'est aller là où on veut et parfois faire ce que les utilisateurs souhaitent - je leur demande toujours.

Ces disques sont disponibles en numérique pour être utilisé avec des émulateurs de vinyles, comment ces émulateurs ont changé la manière de faire des shows ?

Avant de sortir des disques en digital, mes disques étaient déjà utilisé en DVS. Maintenant, tout le monde touche un peu à la production, avec le numérique, les DJ n'usent pas la matière, elle reste intacte. Et ils peuvent tout réarranger, copier, coller, faire leur propre disque et leur propre banque de sons. Ils peuvent raccourcir mes beats, qui ont toujours plusieurs variantes, choisir leur passage préféré...
C'est à mon sens idéal, même si des projets sur vinyle vont voir le jour, car le vinyle reste inégalé !

Bonus :

- Ecoutez des extraits de Robotor Break :



- Une vidéo de DJ Circutcision qui scratch sur le Extractor Break de Le Jad :

17 mai 2013

Vinyle : une lente agonie pleine de sursauts

Le vinyle, cher à certains DJ, a vécu son heure de gloire entre 1970 et 1990, mais connaît depuis régulièrement des sursauts dans son agonie.

Tué par le CD au tournant des années 1990, le vinyle représentait encore près de 70 % du chiffre d'affaires de l'industrie du disque en France en 1985, selon les statistiques du Snep.
Il est passé sous le pourcent en 1993 et a touché le fond en 2006 à 0,11 %... avant de repasser à 1,22 % en 2012 alors que le numérique a, à son tours, supplanté le CD.

Ce support connaît en effet un léger renouveau depuis 2009, grâce à l'intérêt retrouvé du grand public, avec plus de 329 000 unités écoulées l'an passé.
Mais il avait déjà connu un pic en 2000 - avec 3 années au-dessus du million de 33 et de 45 tours vendus - sous l'impulsion du succès du rap et de la musique électronique, avant de replonger avec ce que certains appellent la "crise du disque" (mais qui devrait s'appeler "l'absence totale d'adaptation de l'industrie du disque face à l'émergence d'Internet", voir aussi le bonus ci-après).




Ces données sont toutefois contestées car elles ne prendraient pas en compte toutes les ventes.
"Les chiffres que nous avons en France sont assez aléatoires, explique Fabrice Bonnet d'EMI Music France dans un Star Story diffusé en octobre 2012 sur D17 et consacré à l'histoire du vinyle. On estime les ventes de vinyles à l'année entre 300 000 et 500 000, sachant que le Snep ne comptabilise pas tous les disquaires indépendants. Il y a donc une grosse déperdition et les chiffres sont assez flous sur le marché français."

Le récent engouement est soutenu par des événements tels que le Disquaire day et par les maisons de disques qui arrivent ainsi à écouler quelques supports physiques et à faire vivre leur back catalogue. Tant que la qualité est au rendez-vous, pourquoi pas...
Cette mode offre-t-elle son dernier sursaut à un support délaissé par la majorité des DJ ou les amateurs de son de qualité vont-ils le sauver face à la suprématie des fichiers numériques compressés ? Rendez-vous en 2032 pour le savoir.

Bonus :

- Au sujet des supports musicaux, je vous recommande le livre L'Industrie du disque de Nicolas Curien et François Moreau (La Découverte) qui, bien que datant de 2006, contient des analyses très pertinentes.
Ainsi cette explication "alternative" (à celle du piratage) à la crise du disque : "Les supports de la musique enregistrée suivent le cycle de vie des produits classiques - démarrage, croissance, maturité, déclin -, le CD amorçant sa phase de déclin dans les années 2000. La crise des années 1980 était due à la fin du cycle du vinyle, sans que la cassette préenregistrée offre un relais de croissance suffisamment important. L'histoire semble aujourd'hui [en 2006 donc] se reproduire, puisque l'arrivée à maturité du CD, à l'issue du processus de reconstitution des collections de vinyles, survient alors qu'aucun support physique ne semble prêt à lui succéder."